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Des milliers danger dans le transport des déchets nucléaires

En vadrouille sur les routes du nucléaire http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1779  le 14 septembre 2014  par Charlie Hebdo le 3 septembre 2014

Faut bien dégager les déchets nucléaires, pas vrai ? Un rapport officiel chiffre à 777 000 par an les transports de matières radioactives en France. À Drancy comme ailleurs, il vaut mieux croire les mensonges sur la sécurité.

Hé ben, pas grave. Lundi 23 décembre 2013, cadeau anticipé de Noël pour les habitants de Drancy (Seine-Saint-Denis) : un wagon déraille en pleine gare de triage. Le menu problème, c’est qu’il est chargé de déchets nucléaires. Tête du maire UDI de Drancy, Jean-Christophe Lagarde : « Qu’on n’attende pas qu’il y ait des morts pour que ces wagons dégagent ! ». Et d’ajouter qu’en cas d’accident grave, « trente mille personnes sont en danger de mort ».

Et c’est d’autant moins grave que la préfecture de Saint-Denis affirme aussitôt qu’il s’agit d’un simple incident technique, sans conséquence sur la sécurité : « Tous les relevés de radioactivité effectués par les pompiers sont négatifs ». Sauf  que quinze jours plus tard, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) annonce avoir retrouvé des traces de radioactivité dans le wagon accidenté. D’où vient-elle ? Mystère et boule de gomme. Les « colis » de déchets nucléaires sont intacts, et supposément étanches. On n’en saura jamais plus.

L’ASN, agence publique créée par une loi de 2006 est en charge de la sécurité collective, et publie sans arrêt des rapports. Le tout dernier, qui date de quelques jours, mérite le détour (1). On y apprend en sursautant que 777 000 transports de matières radioactives ont lieu chaque année en France. Pas de panique, pas encore. Il s’agit d’un fourre-tout géant qui mêle produits radio-pharmaceutiques  envoyés dans les hostos, convoyage d’appareils de détection du plomb, et tout ce qui touche bien sûr à l’industrie nucléaire proprement dite.

Au total, la bagatelle de 430 000 transports – 55 % du total – concerne la détection du plomb dans les peintures. L’industrie nucléaire ne représente « que » 12 % des 980 000 colis et 3 % de la totalité des transports, dont 60 % par la route et 30 % par une combinaison route, mer et rail. Le tout implique évidemment des milliers de possibilités d’accidents comme celui de Drancy. L’uranium naturel piqué au Niger débarque ainsi à Sète, celui volé ailleurs au Havre, les centrales nucléaires envoient leurs innombrables déchets à La Hague, le nitrate d’uranyle rejoint Pierrelatte, le MOX – un combustible – file de Marcoule, etc.

Une évidence saute aux yeux : l’enquête de l’ASN est biaisée, car elle repose essentiellement sur un questionnaire adressé « à un grand nombre de détenteurs ou de transporteurs de substances radioactives ». En français précis, « un grand nombre » ne signifie pas grand-chose. Et les autres ? Et les oublis, volontaires ou non, dans les réponses ? Une approximation précédente du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) fixait à 400 000 le nombre de « colis » radioactifs annuels circulant en France, soit moins de la moitié des chiffres de l’ASN.

Les problèmes ne s’arrêtent pas là. Pour la CriiRad (http://www.criirad.org), le grand labo (vraiment) indépendant, les estimations de l’ASN ne sont pas seulement sous-évaluées. Dès le 30 mai 2012, dans un courrier adressé à Marisol Touraine, ministre de la Santé, la CriiRad réclamait « la baisse des limites réglementaires », et rappelait que, selon ses mesures, les cheminots sont exposés « à leur insu, à des flux de rayonnements gamma et de neutrons tout à fait inacceptables ».

Et bien entendu, pas question d’ennuyer si peu que ce soit le grand pouvoir caché qu’est l’armée française. On apprend en janvier 2012 (2) qu’un accident pour le coup renversant s’est produit le 9 juin 2010. Un semi-remorque de transport de munitions nucléaires termine alors un voyage de 600 km sur les routes de France, qui l’a conduit par Bourges, Lyon, Mâcon, Orange. Juste avant d’entrer dans la base militaire d’Istres (Bouches-du-Rhône), le camion, qui roulait à 72 km/h, au lieu d’une limite imposée de 30 km/h, se couche sur la route. Trois soldats sont blessés. Des officiers de sécurité nucléaire et du renseignement militaire bouclent la zone et empêchent la diffusion de la nouvelle, qui sera connue fortuitement, 15 mois plus tard.

Y a-t-il une morale ? Oui, il faut dare-dare changer de planète. Si on trouve.

September 15, 2014 - Posted by | general

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